Le Conseil d’État a rendu public en septembre 2026 son plan stratégique d’intégration de l’intelligence artificielle au sein des juridictions administratives (tribunaux administratifs, cours administratives d’appel et Conseil d’État). Alors que le volume des recours contentieux continue de croître, la haute juridiction entend moderniser le travail des magistrats et des greffes tout en posant des garde-fous déontologiques intangibles pour garantir le droit à un procès équitable.
Des assistants d’analyse documentaire sous contrôle humain exclusif
L’expérimentation d’outils d’IA souverains s’inscrit dans un périmètre technique rigoureusement délimité :
- Aide à l’instruction et synthèse des mémoires : Les assistants algorithmiques sont mobilisés pour classifier les pièces de procédure, identifier les moyens soulevés dans les mémoires des parties et croiser rapidement la jurisprudence pertinente.
- Interdiction formelle de la justice prédictive : Le Conseil d’État réaffirme qu’aucun système d’IA ne peut être utilisé pour prédire l’issue d’un litige, évaluer la probabilité de succès d’un recours ou automatiser la prise de décision juridictionnelle.
- Souveraineté des données judiciaires : Tous les modèles d’apprentissage sont hébergés sur une infrastructure cloud souveraine et étanche, empêchant toute réutilisation des données de procédure par des tiers privés.
Garanties fondamentales d’impartialité et d’indépendance
Pour préserver la confiance des justiciables et le respect du principe du contradictoire, des règles strictes s’imposent à l’institution judiciaire :
- Responsabilité pleine et entière du magistrat : L’acte de juger demeure un acte humain personnalisé. Le juge administratif est seul signataire et responsable des motifs de fait et de droit fondant sa décision.
- Transparence algorithmique : Les justiciables et leurs avocats doivent être informés de tout usage d’outils d’aide à la décision dans l’instruction de leur dossier, avec la possibilité de contester toute erreur matérielle générée par l’outil.
- Évaluation continue par un comité d’éthique : Un comité indépendant associant magistrats, universitaires et avocats veillera chaque semestre à l’absence de biais dans les outils déployés.
